La Route – Cormac McCarthy…

Après l’apocalypse la terre a été dépouillée de la moindre miette, de la moindre humanité. Tout a été pillé, mis à sac, vandalisé, ravagé. Les rares humains encore vivant se tendent des pièges, deviennent cannibales ou sont réduits en esclaves. L’herbe est sèche, les arbres carbonisés, les rares sources d’eau polluées, les espèces animales disparues. Les ruines des maisons carbonisées ne contiennent plus que des cadavres putrides. Ne restent plus que quelques vagabonds parmi lesquels il faut encore distinguer les méchants des gentils, les barbares de « ceux qui portent le feu », le reste de l’humanité. 9782757811610

C’est dans cette terre ravagée, sur cette route sans fin que le père et son fils marchent, poussant dans un caddie ce qui reste de leur vie, de leur passé. On ne connaitra jamais leur parcours, on ne sait pas d’où ils viennent, depuis quand marchent-ils. Ce qui compte est de survivre maintenant, de trouver de la nourriture pour ne pas mourir de faim. Ils marchent sans relâche dans le froid mordant, les nuits mortellement froides et le noir de cercueil qui laisse place au terrible silence du matin. Ils sont diminués, le fils a la peau couleur de bougie, presque transparente, tellement maigre qu’il a parfois du mal à se tenir debout.

C’est un roman qui m’a profondément ému. Ému par la ténacité du père qui malgré la fin du monde ne veut pas abandonner son fils. Son fils tel que le dernier espoir d’humanité. Il tente sans cesse de l’éduquer, de lui apprendre à distinguer le bien du mal alors que tout semble perdu. C’est un roman poignant et terrifiant. J’ai eu peur pour eux, frissonnant, ayant faim, froid et étant fatigués par leur périple. On ressent leur solitude dans ce monde où il ne reste plus rien.

C’est un style très épuré pour décrire ce monde post-apocalyptique. Un style épuré et énigmatique, on a aucune connaissance du passé des personnages, même pas de leurs noms, les quelques rares passages sur la femme ne nous renseignent pas non plus. Vous ne trouverez pas de réponse aux raisons de cette apocalypse: une guerre, les conditions climatiques peut-être ! Les dialogues sont rares, monosyllabiques, les personnages nous semble parfois même distants pour appuyer cette impression d’épurement. L’auteur ne se perd pas en déclaration sentimentale ni en description, pas de dialogues inutiles, l’essentiel étant la survie.  Dans cet univers dépouillé à l’extrême il ne reste plus rien à part cette route, sans fin où on rencontre la folie et la barbarie des hommes livrés à eux-mêmes.

Un grand roman, simple et poignant.

PS: J’avais vu l’adaptation cinématographique de ce roman et je l’ai trouvé très fidèle.

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