Le Pays du Nuage Blanc – Une Saga Familiale …

Une saga familiale sur les thèmes du dépaysement, de l’immigration, de la colonisation, de la place des femmes dans la société des années 1850, du poids des convenances. Une formidable épopée que j’ai adoré découvrir.

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Petit point historique pour situer le roman :

La Nouvelle Zélande a d’abord été colonisé par les Maori (des Polynésiens de l’est) entre les années 1250 et 1350. À partir de 1840 un grand nombre de colons européens et notamment britanniques émigrent en Nouvelle-Zélande, attirés par les vastes plaines inexplorées et la promesse de richesses grâce à la chasse à la baleine et aux phoques et également la recherche d’or. Les Maori d’abord heureux de pouvoir commercer avec les colons voient leurs terres de plus en plus spoliées.

Résumé :

C’est dans ce contexte historique, dans les années 1850, aux prémices de la colonisation par les britanniques, que l’on suit le destin de deux femmes, Gwyneira et Hélène. La première, Gwyneira est issue d’une famille très aisée d’Angleterre, son père ayant perdu aux cartes contre Mr Warden va la fiancer à Lucas, le fils, un jeune exploitant, éleveur de moutons, qui s’est bien établie dans la nouvelle colonisation Néo-Zélandaise. Hélène, quant à elle, est une jeune préceptrice qui cherche à fonder un foyer, elle va répondre à une annonce de sa paroisse pressant de jeunes femmes en âge d’être mariées et immigrer en Nouvelle-Zélande pour épouser des « hommes honorables » et ainsi répondre au manque de population féminine de la nouvelle colonie. Les deux jeunes femmes, accompagnées des jeunes orphelines souhaitant trouver une famille et du travail là-bas, vont se rendre sur le nouveau continent pour découvrir leur nouveau destin. On va très vite se rendre compte que toutes leurs espérances vont vite être déçues.

Le Pays du Nuage Blanc, « Aotearoa » en langue Maori désigne la Nouvelle-Zélande, apparut aux premiers colons comme une île sous une brume blanche. Les immigrants sont nommés les « kiwis » en référence à l’oiseau très présent sur l’île, un oiseau curieux, vif et très envahissant, comme les immigrés du roman.

Mon Avis :

J’ai eu beaucoup d’appréhension en commençant ce roman car ayant au total plus de 750 pages j’avais peur de vite me lasser et de passer un trop long moment à le lire. C’était sans compter l’écriture simple et directe de l’auteur Sarah Lark et les péripéties incessantes du roman. Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde dans me lecture. Il faut dire que ce livre regroupe des thèmes que j’adore : la colonisation, le poids de mœurs et la place des femmes.

J’ai adoré ce roman pour plusieurs choses :

–          Les héroïnes :

On suit deux femmes si différentes en tout point. L’une, Gwyneira est riche, courageuse, en recherche perpétuelle d’aventures, d’un homme fort et aventureux. Elle adore la nature, monter ses chevaux et s’occuper de ses chiens de race, elle espère trouver dans ce nouvel eldorado un « cow-boy américain ». L’autre, Hélène, est plus traditionnelle, conventionnelle, sérieuse en recherche d’un homme bon et bien éduqué, elle n’est pas fait pour les travaux de la ferme, ni les travaux manuels.

Toutes deux sont soumises au poids des conventions, au poids de leur rôle de femmes. Elles n’ont pas leurs mots à dire dans leur mariage, face aux hommes, dans les affaires de l’exploitation de la ferme. Et vont souvent se retrouver embrigadées dans des situations qu’elles n’auront pas choisies et pour lesquelles elles ne pourront rien faire.

On fait souvent face à des situations d’injustice qui peut-être dans notre société actuelle nous feraient hausser les sourcils en se disant «  mais pourquoi ne dit-elle rien, pourquoi se laisse-t-elle faire comme cela » mais à cette époque la voix des femmes n’était pas entendu, et les hommes n’avait que faire de leur avis ou de leur bon vouloir. Malgré leur condition ce sont deux femmes incroyablement fortes qui vont tout faire pour se sortir des épreuves auxquelles elles font face.

C’est un roman fortement marqué par une empreinte féministe, il faut savoir que la Nouvelle-Zélande est le premier pays à avoir accepté le droit de vote des femmes. Les femmes sont soumises au poids de la décence mais par ces actions Gwyneira ne cesse de chercher à se rebeller. Elle participe aux tâches de la ferme, monte son cheval à califourchon, donne son avis sur le fonctionnement et les finances de leur exploitation. C’est un personnage que j’admire beaucoup.

–          La Nouvelle-Zélande et son histoire

J’ai adoré découvrir cette région du globe à cette époque, découvrir toute la période de la colonisation, des éleveurs de moutons faisant fortune ou pas, de la tenue d’une ferme et d’une exploitation. Je me suis laissé emporter dans la découverte de ces vastes plaines et de ces espaces montagneux encore inexploités. Par la recherche perpétuelle des personnages à s’en sortir, faire fortune dans ce nouvel eldorado, grâce à la pêche à la baleine, la vente de peau de phoques, la recherche d’or, l’élevage de moutons…

–          La colonisation

 C’est un roman également sur la colonisation, la spoliation des terres aux Maori et le racisme. Les Maoris sont souvent mal jugées et mal traités par les britanniques, qui les embauchent dans leurs exploitations pour un salaire et des conditions misérables. Qui ne veulent pas les éduquer ou leur apprendre l’anglais pour ne pas leur permettre de se rebeller.

C’est un roman qui a aussi une vocation humaniste et qui prône l’éducation de ses populations maories à l’image de cette phrase du roman « il est impensable que l’on puisse refuser l’éducation à des êtres humains ». On assiste aussi à une montée du racisme des « hommes blancs » vis-à-vis des maoris, et aux prémices des premiers conflits pour la répartition des terres.

En bref :

Ce roman est une saga familiale suivant la vie et la proche descendance de ces deux femmes. J’ai adoré lire ce pavé et me plonger dans la vie de ces deux héroïnes si différentes, suivre leur péripéties, leurs désillusions, leur histoire de famille, leurs secrets… L’auteur nous offre un roman dépaysant, plein d’aventures, de secrets et de romance toute en retenue. Les tomes 2 et tomes 3 suivent les mêmes familles et leur descendance. Un très bon roman à découvrir.

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12 réflexions sur “Le Pays du Nuage Blanc – Une Saga Familiale …

  1. Ah ben c’est marrant, moi c’est justement en voyant la taille du bouquin que je me suis empressée de cliquer sur ta chronique haha ! J’ai vraiment un amour irrationnel pour les pavés. Du coup je le note absolument, ce sera parfait pour cet été !

    Aimé par 2 people

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