Terre des Oublis – Duong Thu Huong

bm_13487_724458

Résumé :

Alors qu’elle rentre d’une journée en forêt, Mien, jeune femme vietnamienne se heurte à un attroupement: Bôn, l’homme qu’elle avait épousé 14 ans auparavant, et qu’on croyait mort à la guerre en héro est revenu. Entre temps Mien s’est remarié avec un riche propriétaire terrien avec qui elle a eu un enfant. Mais Bôn réclame sa femme et devant la pression communautaire qui soutient le héros Mien n’a d’autre choix que d’abandonner sa famille et revenir chez son premier mari.

 » La femme est plus clairvoyante que l’homme sans doute justement grâce à ce fond obscur de son âme ou l’intelligence s’arrête, où l’intuition érige ses antennes invisibles mais efficaces »

Avis:

Un roman magnifique, on fait face à l’injustice de la vie: Mien qui a d’abord subit la perte de son premier mari doit maintenant quitter sa nouvelle famille pour retrouver le lit du premier. Bôn est cassé, changé, psychologiquement meurtri et affaibli par la guerre, se n’est plus le Bôn que Mien a connu. Elle l’aimait de tout son être mais a fait son deuil, a reconstruit sa vie. Ils vivaient dans une grande misère et son second mari lui a permis d’apercevoir un avenir plus doux et heureux. Elle vit un bonheur total avec son fils et doit tout abandonner.

On est révolté pas ces principes moraux et politiques, par la pression que la communauté fait subir à Mien, pour garder son honneur et ne pas tourner le dos à ce « héros » de la guerre elle doit retourner auprès de lui au détriment de son bonheur et de l’amour.

Bôn est un être abject, on le déteste, il apparaît dans le texte comme un raté, qui a subit les affres de la guerre, on ne comprend pas pourquoi il ne laisse pas partir sa femme, pourquoi il s’entête alors qu’elle le hait, qu’il la dégoutte. Au contraire on a beaucoup de pitié pour Hoan le second mari, qui est obligé d’accepter la décision de son épouse, on ne comprend pas pourquoi il ne se révolte pas, pourquoi il ne vient pas à son secours. Il est impuissant face à la situation et on a un sentiment de révolte et de colère.

A travers l’auteure on visite le Vietnam, elle nous peint le portrait d’un pays marqué par la guerre et les traditions. Elle nous décrit magnifiquement la vie quotidienne, les sons, les odeurs, la nourriture (tel que la préparation du riz gluant), les paysages…

C’est une histoire malheureuse qui met deux personnages en contradiction, tout les oppose, et Mien se retrouve malheureuse, impuissante face à son destin, victime du regard des autres. On sent dans le roman que la population, les mœurs sont très marqué par la politique et la guerre, pour les occidentaux que nous sommes cette histoire nous parait insensée. On retrouve l’image des personnages pudiques et réservés, qui parlent peu, sont déchirés par les codes de la société, par les valeurs familiales et le culte des ancêtres et par le devoir d’entraide subi.

Même si le texte est un peu long c’est un très beau roman.

Ma Note: 16/20

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s